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L’éducation des femmes comme source d’enjeux en Afrique subsaharienne

16 mars 2025
4 min de lecture

Selon l’UNESCO (organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture), il y a un net progrès de la scolarisation des filles dans le monde puisque depuis 2015, on recense environ 50 millions de nouvelles inscrites à l’école. Pourtant, on peut voir en Afrique Subsaharienne que la scolarisation des femmes, de plus en plus placée au cœur des débats liés au développement, est encore source de puissantes inégalités. L’instabilité du niveau de vie, les discriminations sexistes et sexuelles et les conflits internes en sont les principales raisons.  



 Des enjeux géopolitiques :


L’Afrique subsaharienne est une région du monde qui connaît le plus fort taux d’analphabétisme concernant les femmes, puisque selon une étude portant sur le niveau d’accès à l’éducation, 52 millions de femmes n’y ont pas accès. Le taux net de scolarisation des filles en primaire est de 75 %, pourtant le taux d’achèvement du premier cycle de l’enseignement secondaire est de seulement 31 %. Aussi, seulement 13 % des filles accèdent à l’enseignement secondaire supérieur. Cela peut s’expliquer par la place qu’elles occupent au sein de la société africaine. Elles sont chargées du rôle de mère de famille, mais également de toute la gestion de la maison ce qui l’éloigne d’une éducation approfondie puisque déjà petite, les filles savent qu’elles devront remplacer leur mère et que des études entraveraient le schéma social traditionnellement établi.


De plus, l’Afrique est le continent qui compte le plus de pays en conflit, où les politiques y sont faibles avec une large violation des droits humains et des obstacles à leur accomplissement. C’est notamment par la présence du groupe djihadiste « Boko Haram », qui a pour objectif d’appliquer la charia dans toute sa rigueur par le rejet de toute éducation des femmes dites « pervertie par l’occident ». C’est pourquoi ce groupe mène des missions de raids, d’attentats-suicides, de viols et d’enlèvements comme ce fut le cas avec les « lycéennes de Chibok », ville du Nigeria, où 276 lycéennes ont été enlevées en 2014 par Boko Haram, ou par la fermeture de nombreux établissements éducatifs comme ce fut le cas au Mali.  



 Des enjeux sociaux-culturels et économiques : 


La précarité est un facteur d’obstacle à l’éducation des femmes avec notamment le secteur précaire de l’hygiène publique, les protections hygiéniques coûtent cher et toutes ne peuvent pas s’en doter, ainsi selon l’UNICEF 1/10 des filles ne peuvent pas aller à l’école en raison du prix élevé de celles-ci.

Les violences sexuelles qu’elles subissent sont aussi un facteur qui les empêchent d’étudier comme il se doit, car elles peuvent être victimes d’agressions dans des structures sanitaires inadaptées à leur intimité, causant l’abandon de l’école par honte.

Les normes de genre comme le mariage des filles mineures empêchent un égal accès à la ressource de l’éducation, puisque 66 % des filles (UNESCO) sans éducation scolaire se marient avant l’âge de 18 ans amenant souvent à des grossesses précoces.


Aussi, c’est sans compter le coût de la scolarisation, puisque étant à l’école, les jeunes filles ne peuvent pas aider leurs parents aux tâches domestiques comme les mœurs l’imposent, constituant une perte de revenu pour le foyer. Les familles privilégient les garçons à l'éducation au détriment des filles, car l’Afrique possède de nombreux pays très pauvres comme le Burundi ou le Soudan du Sud, et les habitants n’ont pas l’opportunité d’offrir une éducation à tous leurs enfants. C’est pourquoi une famille défavorisée va plutôt privilégier le petit garçon, car il va assurer la retraite de ses parents alors que la fille va se marier et quitter le domicile familial, selon la tradition. La même situation se produit concernant le coût de la construction d'une école. 



 Pourtant, l’éducation traduit d’une nécessité à acquérir : 


L’éducation des femmes est en faveur du développement, elle permettrait ainsi d’accroître le développement du pays, ainsi que son PIB puisque si toute la population avait accès à une éducation convenable, elles pourraient alors se spécialiser dans des domaines différents. Les emplois se diversifieraient et le pays se développerait par conséquent.  

De plus, une femme éduquée mettra moins d’enfants au monde, pouvant réduire l’augmentation démographique tout en protégeant les enfants de maladies et de malnutrition.  C’est pourquoi Helen Clark (ancienne première ministre de Nouvelle-Zélande), affirme qu’un pays ne peut se développer correctement si 50 % de la population est exclue des opportunités que le développement peut offrir. 

Le fait que les femmes aient autant de mal à accéder à leur éducation entraîne une inégalité entre les Hommes et les Femmes. La privation d’éducation pour les femmes constitue alors une barrière à leur droit fondamental, une injustice car elles ne peuvent accéder au marché du travail et par conséquent à un revenu, les enfermant dans une situation de dépendance vis-à-vis de leur mari. 


L’éducation des filles est un enjeu primordial, c’est la raison pour laquelle Kofi Annan (ancien secrétaire général des Nations Unies et détenteur du prix Nobel de la paix durant ses fonctions en 2001 et originaire du Ghana) a dit « l’éducation des filles est aujourd’hui le meilleur outil de développement qu’il soit ». De grandes avancées ont cependant été remarquées avec la mise en place des ODD (objectifs de développement durable des Nations Unies) 4 et 5 portant sur l’éducation de qualité et l’égalité entre les sexes, la sensibilisation des personnes et la lutte contre la discrimination.  


Chanelle BOILLEAU


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